Magnelis, c'est quoi exactement ?
Magnelis® est un revêtement métallique développé par ArcelorMittal, appliqué en continu sur des bobines d'acier, comme la galvanisation classique. La différence est dans la recette du bain : là où le galvanisé standard est du zinc quasi pur, le Magnelis est un alliage de zinc, d'environ 3,5 % d'aluminium et 3 % de magnésium. Ces deux ajouts changent complètement le comportement de la couche face à la corrosion.
Concrètement, vous recevez une tôle grise, un peu plus mate et plus sombre que du galvanisé, livrée en épaisseurs courantes de 1 à 6 mm (au-delà, sur consultation). Elle se découpe, se plie, se perce et se visse comme un acier S250/S350 classique.
Pourquoi il résiste tellement mieux à la corrosion
Sur un galvanisé classique, le zinc se sacrifie pour protéger l'acier : il s'oxyde, se transforme en une couche blanche poreuse, et s'use progressivement. Sur le Magnelis, le magnésium modifie cette couche d'oxydation : elle devient dense, compacte et bien plus stable, ce qui ralentit énormément la consommation du revêtement. ArcelorMittal annonce une résistance à la corrosion jusqu'à 10 fois supérieure à celle d'un galvanisé de même épaisseur, en particulier dans les environnements chlorés (bord de mer, sel de déneigement) et ammoniaqués (bâtiments d'élevage).
La conséquence pratique : à protection égale, on a besoin d'une couche beaucoup plus fine. Un Magnelis ZM310 (310 g/m² sur les deux faces, soit environ 25 µm par face) tient la comparaison avec des galvanisations à chaud bien plus lourdes, tout en gardant une surface parfaitement plane et régulière.
Le point clé pour la découpe laser : les bords de coupe
C'est ici que le Magnelis devient vraiment intéressant pour nous. Quand on découpe une tôle galvanisée au laser, le bord de coupe est de l'acier nu : le revêtement s'arrête net. Sur du galvanisé classique, ce bord est protégé par « effet galvanique » sur un ou deux millimètres, puis commence à rouiller, surtout sur les épaisseurs importantes.
Avec le Magnelis, le magnésium et le zinc du revêtement migrent progressivement sur la tranche et y forment cette même couche d'oxydes protectrice. On parle d'auto-cicatrisation des bords de coupe. Le phénomène est bien documenté jusqu'à 3 mm environ et reste efficace sur des épaisseurs plus fortes, même si la protection y est plus lente à se mettre en place. Résultat : une pièce découpée et pliée n'a pas besoin de retouche sur ses arêtes.
Galvanisation à chaud après découpe ou Magnelis : que choisir ?
| Galva à chaud après découpe | Magnelis | |
|---|---|---|
| Délai | + 1 à 2 semaines (transport, bain, retour) | Aucun : la pièce sort prête |
| Déformation | Possible sur les pièces fines ou longues (bain à 450 °C) | Aucune |
| Aspect | Cristallisé, coulures possibles, épaisseur irrégulière | Lisse, uniforme, gris mat |
| Trous d'évent, filetages | À prévoir et à reprendre après le bain | Rien à prévoir |
| Protection des tranches | Totale (le bain couvre tout) | Auto-cicatrisation, très bonne jusqu'à 3 mm |
| Pièces très épaisses (> 6 mm) ou mécano-soudées | Le bon choix | Peu adapté |
En résumé : pour des pièces de tôlerie de 1 à 6 mm, découpées et pliées, destinées à l'extérieur, le Magnelis supprime une étape, un transport et un risque de déformation. Pour un ensemble mécano-soudé lourd, la galvanisation à chaud après fabrication reste la référence.
Pliage, soudure, peinture : ce qui marche et ce qui ne marche pas
Pliage
Excellent. Le revêtement adhère très bien et ne se fissure pas dans les plis, même avec des rayons intérieurs serrés (on recommande tout de même un rayon ≥ 1 × épaisseur pour préserver la couche). Attention à la propreté des outils de plieuse : un vé abîmé marque la surface.
Soudure
Possible, comme sur du galvanisé : le revêtement brûle localement au niveau du cordon, qu'il faut ensuite protéger (peinture zinc à froid). Le Magnelis produit un peu moins de projections que le galvanisé classique grâce à sa couche plus fine. Pour des assemblages propres sans reprise, on préfère le vissage ou les assemblages à tenons.
Peinture et thermolaquage
Le Magnelis se peint et se thermolaque après un dégraissage et une conversion adaptés. C'est souvent inutile pour la tenue à la corrosion — la peinture devient alors un choix esthétique, pour avoir une couleur plutôt que le gris naturel.
Ce qu'il faut éviter
- Le contact direct avec du cuivre ou du laiton non isolé (couple galvanique).
- Le contact prolongé avec du béton frais ou des milieux très alcalins.
- Le stockage empilé en extérieur avec de l'eau stagnante entre les tôles (taches de stockage, comme pour tout zingué).
Pour quelles pièces on le recommande
- Portails, clôtures, garde-corps en tôle découpée : platines, poteaux pliés, panneaux ajourés.
- Supports de panneaux solaires et structures photovoltaïques au sol, un des premiers marchés du Magnelis.
- Agricole et élevage : cornadis, bardages, équipements exposés à l'ammoniac.
- Mobilier urbain, jardinières, bacs potagers en tôle pliée.
- Carrosserie, remorques, équipements de voirie exposés au sel.
Et pour les tôles à motifs destinées à l'extérieur, c'est un choix très rationnel : le motif est découpé une fois pour toutes, sans reprise des centaines de tranches que représenterait une galvanisation ou une peinture après découpe.
Comment le demander sur un devis
Le Magnelis n'est pas encore dans notre calculateur de devis en ligne : passez par le formulaire de devis ou par mail, avec votre fichier, l'épaisseur, la quantité et la mention « Magnelis » (ou « acier ZM »). Précisez le grammage si vous le connaissez ; sinon, nous partons sur un ZM310 pour de l'extérieur exposé, ZM175 pour de l'abrité. Si vous hésitez entre galvanisé, Magnelis, inox ou aluminium pour une pièce donnée, décrivez-nous où elle sera posée : on vous oriente.
Une pièce pour l'extérieur ?
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